Middle East Watch
La revue de presse alternative pour un Moyen Orient libre

avril 2017


Pétition adressée à George Shultz par les personnalités palestiniennes des territoires occupés en octobre 1987

octobre 1987,


Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Vingt années pénibles se sont écoulées depuis l’occupation israélienne de notre terre, vingt années pendant lesquelles un million et demi de Palestiniens ont perdu leurs libertés fondamentales et ont été livrés au plan israélien visant à nous renvoyer au Moyen âge.

En tentant d’appliquer ces objectifs irréalistes, les autorités israéliennes ont soumis notre peuple au règne de l’arbitraire, à commencer par la construction de colonies, l’expropriation des terres, les tentatives de destruction de l’esprit national de notre peuple et la violation des droits de l’homme, Quand le concept d’amélioration de la vie des Palestiniens sous l’occupation a été introduit il y a trois ans, notre peuple a été surpris de constater que le secrétaire d’état des Etats-Unis pouvait imaginer qu’il pût exister une occupation libérale. Parce que l’occupation signifie la soumission d’un peuple à un autre peuple par la violence. Aussi l’occupation ne peut-elle en aucun cas s’accompagner d’une amélioration de nos conditions de vie.

Malgré cela et dès le moment où vous avez commencé à parler de ce sujet, les autorités israéliennes ont recouru à l’escalade dans les mesures de répression contre notre peuple, nos institutions et nos droits fondamentaux à la vie. Et si vous souhaitez avoir des détails de nos épreuves durant les trois dernières années, vous pourrez les demander au consulat américain à Jérusalem.

Monsieur le Secrétaire d’Etat

La persistance de l’occupation israélienne. conjuguée au manque d’intérêt qui caractérise l’actuelle administration américaine, nous incite à penser que la crédibilité morale fait défaut au rôle que peuvent jouer les États-Unis. Ceux qui déterminent la politique américaine refusent encore d’admettre le droit fondamental du peuple palestinien à l’autodétermination et de reconnaître l’Organisation de libération de la Palestine en tant que seul représentant légitime que notre peuple s’est choisi et auquel il a réaffirmé son attachement.

La persistance de l’attitude américaine ne servira pas les efforts de paix dans la région, elle dénote l’absence d’une volonté d’instaurer les fondements d’une paix juste qui conduise à la réalisation des droits et des aspirations de tous les peuples de la région et, en premier lieu, les droits nationaux du peuple palestinien.
Les États-Unis doivent reconfigurer leur politique et leurs engagements dans la région, et notamment la politique de négation de l’Organisation de libération de la Palestine et des droits nationaux du peuple palestinien. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu depuis 1948, 75 initiatives proposées pour résoudre le conflit arabo-israélien. Toutes ont échoué parce qu’elles ont ignoré les dimensions politiques et nationales véritables de la question palestinienne.

Nous nous sommes investis corps et âme pour empêcher la persistance de la situation actuelle, espérant qu’on pourra parvenir à une solution juste et globale du conflit arabo-israélien. Nous souhaitons vous présenter les vérités suivantes qu’il faut prendre en compte quand le conflit arabo-israélien fait l’objet d’une discussion ou d’un examen :

  1. La seule voie permettant d’entamer le processus de paix consiste dans la réunion de la conférence internationale pour la paix sous la supervision des Nations Unies, avec la participation des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité et de toutes les parties au conflit, y compris l’Organisation de libération de la Palestine, seul représentant légitime du peuple palestinien sous occupation et dans l’exil.
  2. Le peuple palestinien rejette la résolution 242 dans sa formulation actuelle, en raison du caractère national et politique de sa cause, dont l’expression est l’aspiration palestinienne à l’exercice du droit à l’autodétermination et à l’établissement de l’état palestinien sur le sol national, ainsi que le droit pour le peuple palestinien de choisir ses représentants sans pression ou tutelle, que ce soit de la part d’Israël ou de tout autre.
  3. Le peuple palestinien a proclamé son appui à sa direction légitime unique, l’organisation de libération de la Palestine, et il souhaite réaffirmer son choix, dans l’expression de ses droits inaliénables.
  4. Nous réclamons de l’administration américaine le respect des principes et des normes morales de l’ONU dont les États-Unis sont l’un des membres fondateurs et cela, en faisant pression sur le gouvernement israélien afin qu’il traite le peuple palestinien suivant les lois et les traités que les états-unis ont formulés en ce qui concerne les peuples qui subissent une occupation étrangère en temps de guerre.
  5. Nous croyons que l’occupation et l’amélioration des conditions de vie sont deux questions antinomiques, l’une excluant l’autre. Par conséquent, continuer à en parler revient à encourager la poursuite de l’occupation.
  6. Notre peuple souhaite réaffirmer son engagement ferme en faveur de la réalisation d’une paix juste et globale, parce que c’est ce peuple qui paie le véritable prix de la persistance de la situation actuelle. Nous souhaitons que le peuple américain ait accès à notre point de vue car il n’a pris connaissance que du point de vue israélien.
  7. Nous aspirons que votre rencontre avec le ministre soviétique des Affaires étrangères se traduise par l’établissement des principes requis pour un effort américano-soviétique commun qui pave la voie aux forces de paix et de diplomatie, au lieu de la voie de la violence et des guerres.
  8. Nous réprouvons la décision de fermeture du bureau d’information palestinien à Washington. Nous considérons que cette décision est le résultat des pressions du lobby sioniste aux États-Unis et nous espérons qu’elle sera rapportée afin de maintenir les maigres canaux que nous avons avec le peuple américain.

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